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Le financement du micro-parti repose en grande partie sur les versements réguliers des élus locaux. Prélevées sur leurs indemnités, ces cotisations variaient selon les responsabilités exercées à la mairie ou à la métropole. Adjoints, conseillers municipaux, vice-présidents ou simples élus participaient tous à l’effort financier. Additionnées au fil des années, ces contributions ont constitué une réserve considérable, destinée à soutenir une future campagne municipale.
Marc Chassaubéné revendique un financement légal
Marc Chassaubéné assure que tout a été fait dans le respect des règles. Il reconnaît avoir sollicité La Manufacture des idées pour financer sa campagne, mais parle d’un prêt, comparable à celui qu’il aurait pu contracter auprès d’un établissement bancaire. Selon lui, cette démarche s’inscrit dans la logique même de l’existence du micro-parti : soutenir le candidat désigné par la majorité municipale. Il rappelle d’ailleurs qu’une large part des élus l’aurait désigné comme successeur naturel de Gaël Perdriau en cas d’empêchement, ce qui justifierait, à ses yeux, l’appui financier accordé.
Siham Labich dénonce une appropriation injuste
Pour Siham Labich, la situation est tout autre. Elle estime que les élus ont cotisé dans la perspective collective de la campagne de 2026, sans qu’un candidat unique ne soit désigné à l’avance. Elle souligne que depuis l’éclatement de l’affaire, les versements se sont arrêtés et que de nombreux élus ont le sentiment que leur contribution a été confisquée au profit d’un seul camp. Elle propose même que l’argent restant soit reversé à des associations caritatives, afin de clore ce chapitre dans un esprit d’équité et de transparence.
Une vision opposée de l’avenir des fonds
Vincent Joffre, trésorier de La Manufacture des idées depuis janvier 2025, défend une position radicalement différente. Pour lui, la vocation d’un micro-parti est précisément de conserver une trésorerie suffisante pour soutenir une campagne électorale. Il insiste sur le fait que les fonds n’ont pas vocation à disparaître mais à être utilisés de manière stratégique, au bénéfice du candidat choisi par la majorité, en l’occurrence Marc Chassaubéné. Deux visions s’affrontent donc : celle d’un outil collectif devant servir l’ensemble des élus et celle d’un instrument politique destiné à porter un candidat précis. Entre principes de justice, légalité financière et stratégie électorale, La Manufacture des idées est devenue bien plus qu’une simple association : un véritable enjeu de pouvoir pour les Municipales à venir.

