Dimanche soir, un habitant de Roanne a vécu une expérience traumatisante : des policiers lourdement armés ont fait irruption à son domicile suite à une dénonciation mensongère. L’appel au numéro d’urgence 17 signalait un homme armé retranché chez lui, menaçant des membres de sa famille. Une situation d’extrême gravité qui a justifié le déploiement d’importants moyens policiers.
Une intervention musclée pour un danger imaginaire
Selon les informations confirmées par le parquet de Roanne, l’alerte est parvenue après 22 heures. Des fonctionnaires de la Brigade anticriminalité (BAC), lourdement équipés, se sont rendus dans un immeuble proche du centre-ville, boulevard Edgar-Quinet. Ils ont pénétré dans le bâtiment puis sont montés à l’étage indiqué.
L’occupant du logement a été interpellé et temporairement menotté, le temps que les policiers lèvent les doutes sur la situation. Rapidement, la supercherie est apparue : l’homme était seul chez lui et ne portait aucune arme. Il a d’ailleurs volontairement ouvert sa porte aux forces de l’ordre.
« La dénonciation s’est avérée fantaisiste, dès lors que l’occupant du logement indiqué, qui a volontairement ouvert la porte aux fonctionnaires de la brigade anticriminalité, se trouvait seul et sans arme à son domicile », confirme le parquet de Roanne dans un communiqué.
Le « swatting », un phénomène importé des États-Unis
Cette pratique malveillante porte un nom : le swatting. Venue d’outre-Atlantique, elle consiste à passer un faux appel d’urgence décrivant une situation dangereuse impliquant une personne armée, dans le but de déclencher l’intervention des forces de l’ordre ou d’unités spéciales. Le terme provient du SWAT (Special Weapons and Tactics), unités d’intervention de la police américaine.
Le procédé se répand progressivement en France, avec pour objectif de nuire à une personne ciblée en perturbant sa tranquillité et en la soumettant à une intervention policière traumatisante. « Ces faits résultent dès lors très vraisemblablement d’un mode opératoire de swatting destiné à faire intervenir les forces de l’ordre sur une situation d’urgence ou de danger imaginaire afin de perturber la tranquillité de la victime demeurant sur les lieux de l’intervention », précise le parquet.
Un deuxième cas récent dans l’agglomération
Ce n’est pas la première fois que ce type d’incident se produit dans le Roannais. Le dimanche 4 octobre dernier, un cas similaire s’était déjà produit à Commelle-Vernay. Un individu avait alerté les gendarmes en signalant le meurtre d’une femme par un forcené retranché à son domicile. De nombreux gendarmes avaient été mobilisés avant que la supercherie ne soit découverte.

