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Saint-Étienne s’affirme comme l’une des destinations les plus intéressantes pour s’installer en France. Selon la septième édition du baromètre emploi et logement réalisé par Meilleurtaux et Météojob, la préfecture de la Loire gagne cinq rangs en un an et se hisse à la deuxième place du classement national, juste derrière Mulhouse et devant Rouen.
Cette étude annuelle croise trois critères essentiels : l’emploi, les niveaux de salaires et les prix du logement. Son verdict pour 2026 est sans appel : les villes moyennes offrent un meilleur équilibre de vie que les grandes métropoles, devenues inaccessibles pour de nombreux ménages.
L’immobilier abordable, l’atout maître stéphanois
La progression spectaculaire de Saint-Étienne s’explique principalement par son marché immobilier particulièrement accessible. Alors que les grandes villes françaises affichent des prix au mètre carré prohibitifs, la cité du design propose des logements à des tarifs nettement plus raisonnables, permettant aux acquéreurs d’envisager des surfaces adaptées à leur mode de vie.
« Saint-Étienne illustre parfaitement cette dynamique des villes moyennes où le coût du logement compense une activité économique peut-être moins effervescente que dans les métropoles », analyse l’étude. Si l’offre de contrats de travail y reste plus réduite que dans les grandes agglomérations, cette caractéristique est largement compensée par la possibilité d’accéder à la propriété dans des conditions bien plus favorables.
Des salaires comparables aux autres villes du podium
Autre point positif pour la capitale ligérienne : les niveaux de rémunération y demeurent proches de ceux pratiqués à Mulhouse, première du classement. Cette proximité salariale, associée à un coût de la vie et du logement inférieur, permet aux Stéphanois de bénéficier d’un pouvoir d’achat supérieur à celui de nombreuses autres villes françaises.
Le contraste est saisissant avec les grandes métropoles qui trustent le bas du tableau. Lyon, Lille et Toulouse perdent chacune quatre places cette année, pénalisées par un déséquilibre croissant entre salaires, opportunités professionnelles et prix du foncier. Paris ferme la marche : malgré des rémunérations plus élevées, l’immobilier y reste inaccessible pour la majorité des ménages.

Un contexte national plus favorable
Cette édition 2026 du baromètre s’inscrit dans un contexte d’amélioration générale des conditions d’installation en France. Les taux de crédit immobilier ont légèrement baissé (-0,25 point sur un an pour s’établir à 3,22 % sur vingt ans), les salaires moyens ont progressé de 2 % après inflation, et les prix de l’immobilier se sont stabilisés après plusieurs années de baisse.
Résultat : le baromètre emploi et logement affiche une hausse moyenne de 8 % au niveau national, et deux tiers des villes se révèlent plus accessibles cette année que l’an dernier, selon Maxime Chipoy, directeur éditorial de Meilleurtaux.
Les villes moyennes, nouvelles stars de l’attractivité
« C’est une constante depuis le lancement de notre étude : les grandes métropoles sous-performent dans notre baromètre malgré leurs marchés du travail plus vigoureux. Ce sont les villes de taille moyenne, bénéficiant d’un immobilier plus abordable à l’achat, qui continuent de monopoliser les premières places », confirme Maxime Chipoy.
Marko Vujasinovic, PDG et cofondateur de CleverConnect (éditeur du site d’emploi Météojob), tire une conclusion similaire : « Malgré leurs bassins d’emploi, les grandes métropoles ne permettent plus à une majorité de Français de devenir propriétaires de logements suffisamment grands pour y vivre correctement. Les villes moyennes offrent un équilibre plus juste entre emploi, salaires et logement. »
Pour Saint-Étienne, cette deuxième place constitue une reconnaissance majeure. Elle valide la capacité de la ville à proposer une qualité de vie attractive, loin de l’image dégradée dont elle souffre parfois. Reste désormais à renforcer le dynamisme économique local pour consolider cette position et attirer davantage d’entreprises génératrices d’emplois qualifiés.
Les experts plaident d’ailleurs pour « une politique publique de décentralisation permettant de mieux répartir l’emploi sur le territoire ». Ces villes moyennes, qui bénéficient déjà de conditions de logement favorables, n’auraient selon eux besoin que de « salaires plus attractifs » pour devenir des alternatives incontournables aux grandes métropoles saturées.

