Le paysage économique stéphanois se dessine avec de plus en plus de clarté. Une récente analyse publiée par l’Agence d’urbanisme des territoires ligériens (Epures), réalisée en collaboration avec l’Acoss-Urssaf, dresse un portrait détaillé de la répartition de l’emploi privé dans la capitale forézienne. Et les résultats mettent en lumière des disparités importantes entre les différents secteurs de la ville.
Une concentration massive dans quelques zones clés
Seize quartiers de Saint-Étienne captent à eux seuls près des deux tiers des emplois salariés privés de la commune (64 % exactement) et abritent 58 % des établissements du secteur privé. Parmi ces territoires, quatre se détachent nettement en termes de volume d’emplois au 31 décembre 2023 : Châteaucreux arrive en tête avec 5 010 postes, suivi de l’entrée Nord-Est (4 590), de l’hypercentre (4 520) et du Technopôle (3 910).
À l’inverse, certains quartiers affichent des chiffres particulièrement modestes. Saint-Roch ne compte que 150 salariés du privé, Chappe-Ferdinand 270, tandis que Jacquard complète ce trio des secteurs les moins pourvus en emplois privés.
L’hypercentre se distingue également par sa concentration d’établissements avec 850 structures, même si ce chiffre connaît un léger recul de 40 unités sur un an, témoignant peut-être d’une certaine restructuration du tissu commercial et entrepreneurial du cœur de ville.
Quatre territoires tirent la croissance
Si l’ensemble de la ville de Saint-Étienne connaît une décroissance moyenne de 1 % par an de ses effectifs salariés privés entre 2012 et 2023, les seize quartiers étudiés affichent à contre-courant une hausse moyenne de 2,4 % annuelle sur la même période. Mais surtout, quatre zones se distinguent par une progression spectaculaire proche des 4 % par an.
Centre Deux mène la danse avec une croissance impressionnante de 5,1 %, talonnée par la zone Manufacture Plaine Achille (+ 4,9 %), le Pont de l’Âne (+ 4,4 %) et l’entrée Sud (+ 4,4 %). L’étude souligne que ces performances exceptionnelles coïncident avec des opérations d’aménagement urbain menées par la municipalité, qui ont visiblement dynamisé l’attractivité économique de ces secteurs.
Les quartiers situés au nord de la ville ont particulièrement bénéficié de ces politiques d’aménagement, enregistrant les gains nets d’emplois les plus importants de l’agglomération.
Une accélération récente encore plus marquée
La tendance s’est même amplifiée ces dernières années. Entre 2021 et 2023, les quartiers aménagés affichent une hausse annuelle des effectifs de 3,6 %, alors que l’ensemble de Saint-Étienne perdait encore 0,3 % de ses emplois privés sur la même période.
Quatre territoires se révèlent être de véritables champions de la croissance récente, avec des progressions annuelles dépassant les 7 % : Centre Deux explose littéralement avec + 12,8 %, Manufacture Plaine Achille affiche + 8,3 %, Jacquard + 7,5 % et Saint-Roch + 7,4 %. Des chiffres qui témoignent d’une transformation économique profonde et rapide de ces zones.
Des spécialisations sectorielles marquées
L’analyse révèle également que certains quartiers stéphanois ont développé de véritables identités économiques. Le Soleil et le Crêt de Roc se sont spécialisés dans l’action sociale, Centre Deux et Monthieu dans le commerce, tandis que Fauriel concentre les services aux entreprises. Le Technopôle, fidèle à son nom, attire les activités tertiaires, et le Nord de Zac accueille principalement l’industrie.
L’hypercentre conserve sa vocation traditionnelle avec une prédominance du commerce (24 % des effectifs en 2023) et des services aux particuliers et aux entreprises, à l’image de nombreux cœurs de ville français.

