Vendredi au tribunal de Roanne, un jeune homme de 24 ans a comparu en détention provisoire pour expliquer son implication dans un réseau de distribution de stupéfiants. Depuis le box sécurisé réservé aux prévenus incarcérés, Alex Fazio a affirmé lors de sa comparution immédiate qu’un commanditaire mystérieux l’avait contraint à écouler de la cocaïne durant plusieurs mois.
Une enquête qui confirme les activités de deal
L’investigation menée par les services de police roannais a permis d’établir l’existence d’un point de vente au pied d’un immeuble avenue de Paris, proche du croisement avec la rue Henri-Dumarest. Les forces de l’ordre ont procédé à l’interpellation du suspect au domicile paternel.
La perquisition a révélé la présence de 200 grammes de cocaïne dissimulés dans le bac à légumes du réfrigérateur, accompagnés de liquidités, de balances de précision, de plusieurs téléphones portables et d’une réplique d’arme de poing airsoft. Le père, totalement ignorant des activités de son fils, a manifesté sa stupéfaction en apprenant l’existence de ce trafic.
Des versions contradictoires sur la durée du trafic
Durant les interrogatoires, le jeune dealer a affirmé avoir écoulé 250 grammes au total sur une période maximale de trois mois. Cependant, deux de ses clients interrogés ont déclaré s’approvisionner chez lui depuis une année entière.
Cette contradiction s’ajoute au refus du prévenu de communiquer le code de déverrouillage de son téléphone portable, qui contenait pourtant les coordonnées de sa clientèle et les preuves des transactions effectuées. Ce mobile renfermait également les contacts de son donneur d’ordre, que le jeune homme protège par crainte de représailles. Ce commanditaire aurait déjà proféré des menaces contre sa famille.
Une rémunération aléatoire et peu attractive
Alex Fazio a expliqué au tribunal que cette activité contrainte s’avérait peu rémunératrice, son commanditaire le payant de manière irrégulière avec des quantités variables à distribuer. Le procureur de la République a requis trente mois d’emprisonnement dont douze avec sursis probatoire à l’encontre du prévenu.
Me Marie-Harmony Belloni, avocate de la défense, a mis en avant la volonté de son client de se racheter une conduite et de quitter Roanne pour s’éloigner des influences néfastes. Elle a également évoqué son projet d’effectuer un stage en entreprise et a plaidé l’indulgence en demandant une réduction de la période de détention préventive.
Une condamnation assortie d’interdiction de séjour
Le tribunal a prononcé une peine de vingt-quatre mois de prison, dont douze avec sursis probatoire, assortie d’une interdiction de paraître sur le territoire roannais. Alex Fazio a quitté libre le palais de justice et tentera d’obtenir un aménagement de peine pour les douze mois ferme restants.
La présidente du tribunal a mis en garde le condamné contre toute récidive, lui rappelant qu’un autre prévenu jugé juste avant lui pour des faits similaires de trafic de cocaïne avait écopé de trois années d’emprisonnement ferme à exécuter intégralement en détention.


