Maurice Vincent : « Une journée terrible qui va rester dans l’histoire »
L’ancien maire PS de Saint-Étienne, joint par téléphone, n’a pas caché son émotion : « C’est une journée noire pour Saint-Étienne, une journée terrible qui va rester dans l’histoire. »
Il poursuit : « Pour le reste, je ne suis pas surpris par ce jugement et les peines prononcées. Beaucoup d’éléments avaient été donnés par les médias sur ce dossier. On voyait là des faits d’une exceptionnelle gravité, incompréhensibles pour le maire que j’ai été. »
Maurice Vincent souligne avoir « essayé tout au long de ces années de rester le plus objectif possible et de respecter, comme il se doit, la présomption d’innocence ». Mais il constate : « Lors du procès, je n’ai pas vu d’éléments fondamentaux au bénéfice de la défense des prévenus. »
L’ancien édile replace ce jugement dans un contexte plus large : « Je ne suis pas surpris non plus de ce jugement, parce qu’aujourd’hui, les tribunaux, et on l’a vu avec le président Nicolas Sarkozy, mais pas seulement, sont sans concessions avec l’exemplarité que doivent les élus.«
Isabelle Dumestre : « Du soulagement » et une protection pour la collectivité
La conseillère d’opposition à la Ville confie : « C’est le mot : du soulagement. J’étais venue pour entendre qu’il soit mis un terme à tout ça. Ça fait trois ans qu’on demande à Gaël Perdriau de se retirer. Aujourd’hui, c’est la juge qui lui a demandé. »
Elle retient particulièrement « cette inéligibilité à exécution provisoire pour protéger notre collectivité ». Isabelle Dumestre justifie la sévérité du tribunal : « La gravité des faits et sa position de maire, la question du harcèlement numérique, que ça vienne d’élus à des postes importants, il fallait dire que ce n’était pas possible. »
Jean-Pierre Taite : « Cette immunité, ça suffit, stop ! »
Le député LR de la 6e circonscription de la Loire et président des LR Loire affirme : « On est dans une phase de notre démocratie où les élus politiques impliqués dans des affaires sont lourdement sanctionnés et c’est très bien. »
Il se montre cinglant envers Gaël Perdriau : « Que cette espèce d’immunité que certains veulent se donner en disant n’importe quoi, ça suffit, stop ! Si Gaël Perdriau nous avait écoutés dès le départ et avait démissionné, pour préparer sa défense, la Ville et le territoire n’auraient pas perdu quatre ans.«
Pour Jean-Pierre Taite, « les peines prononcées sont à la hauteur des salissures que Saint-Étienne, l’agglomération et le département entier ont enduré tout ce temps. »
Lionel Boucher : « L’image de la ville est durablement abîmée »
L’ex-adjoint de Gaël Perdriau et ami de Gilles Artigues livre une réaction particulièrement virulente : « Le tribunal de Lyon a tranché, la justice a parlé. Gaël Perdriau est coupable de tous les faits qui lui sont reprochés. M. Perdriau, vous n’êtes plus maire de la Ville de Saint-Étienne. »
Il souligne l’importance du jugement pour la famille Artigues : « Aujourd’hui, la justice a dit le droit ; elle dit à des enfants, à une épouse : votre papa, votre mari est une victime, les artisans de cette ignominie sont condamnés. »
Lionel Boucher insiste sur les dégâts collatéraux pour Saint-Étienne : « Pour la ville de Saint-Étienne, cette histoire est aussi un drame. L’image de la treizième ville de France est durablement abîmée ; nous avons été isolés, mis à l’index par les autres collectivités, par l’État. C’est une faute politique et morale dont, là encore, nous mettrons longtemps à nous remettre, tant nous connaissons la lutte qui se joue entre les territoires. »
Il conclut par un appel à la responsabilité des soutiens de Gaël Perdriau : « Il faut aujourd’hui laisser une famille se remettre, et une ville panser ses plaies. J’aime à croire que ceux qui, jusqu’au bout, ont soutenu l’insoutenable, ceux qui ont fait semblant de ne pas voir, semblant de ne pas entendre. J’espère que ceux-là demanderont pardon et qu’ils auront la décence de quitter la scène publique pour se réfugier dans leur honte. »
Une classe politique unanime sur la gravité
Au-delà des clivages politiques, l’ensemble des réactions convergent sur plusieurs points : la gravité exceptionnelle des faits, la nécessité de l’exemplarité des élus, et les dommages considérables infligés à l’image de Saint-Étienne. Cette unanimité contraste avec les trois années de divisions qu’a connues la ville depuis le début de cette affaire. Le défi pour Saint-Étienne sera désormais de « panser ses plaies » et de retrouver une crédibilité institutionnelle à quelques mois seulement des élections municipales de mars 2026.

